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Des bénévoles au chevet des enfants malades

Santé

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Sylvie Laplante

Au Québec, parmi le million de citoyens engagés dans des actions bénévoles, impossible de dire exactement combien de personnes oeuvrent auprès d’enfants malades. Mais, les responsables d’organismes qui recrutent des bénévoles s’entendent : cette forme de volontariat obtient spontanément la faveur générale.

«Les gens veulent bercer des bébés», résume d’entrée de jeu la chef des services bénévoles de l’Hôpital Sainte-Justine, Béatrice Lafontaine. Les besoins réels, beaucoup plus diversifiés, font s’activer environ 400 personnes autour des petits et plus grands malades de cet établissement. Il en est de même à l’Hôpital de Montréal pour enfants qui reçoit plus d’une centaine d’appels d’offres de services bénévoles par mois. Et c’est sans compter les nombreuses associations et centres pour enfants ayant des besoins spécifiques où le bénévolat prend aussi de multiples visages.

Combler les nouveaux besoins
À Sainte-Justine, on résume ainsi le rôle du bénévole : il collabore à l’amélioration de la qualité de vie de l’enfant durant son séjour à l’hôpital en lui offrant une présence pour combler ses besoins affectifs et récréatifs. Alors, oui, certaines fois, on aura besoin de vous pour raconter une histoire avant le dodo ou amuser un petit groupe dans la salle de jeu. «Mais comme les temps changent, nous avons aussi de nouveaux besoins, spécifie Béatrice Lafontaine. Les séjours sont plus courts, alors les enfants sont moins longtemps seuls. Par contre, il y a plus de gens dans les salles d’attente des cliniques externes et l’animation créée par des bénévoles aide beaucoup à distraire toute la famille.»

Vous aimez tricoter? Les bébés prématurés pourraient rester bien au chaud grâce à vos talents. Vous préférez vous déguiser? Vous pourriez provoquer bien des sourires en accueillant en grande pompe les enfants à l’entrée principale. Enfin, si vous n’avez pas l’âme d’une artiste, Mme Lafontaine rappelle l’importance du travail des bénévoles à la joujouthèque de l’hôpital. «Ça peut sembler moins gratifiant parce qu’on a moins de contacts directs avec des enfants». Pourtant, les jouets font souvent figure de meilleurs amis pour passer le temps plus agréablement.

Il faut aussi penser aux plus grands qui ont besoin de se confier et de se divertir ou encore aux enfants très souffrants qui ont simplement besoin d’une présence. «Les gens ont vraiment tendance à l’oublier, mais nos unités de soins s’adressent aux 0-18 ans. Les bénévoles doivent adapter leurs actions à l’âge et à l’état de santé de l’enfant», conclut Mme Lafontaine.

Une expérience unique
Être bénévole auprès d’enfants malades peut donc prendre des formes très différentes et l’on est parfois surpris d’en voir adopter certaines tâches, disons, plus difficiles. Fidèle au poste depuis 1984, Sylvie Demars accompagne en salle d’attente les enfants qui vont subir une opération à l’Hôpital Sainte-Justine. Alors que le simple mot opération donne à la plupart des gens le goût de prendre leurs jambes à leur cou, pourquoi choisir de partager ce type d’expérience avec des enfants, inconnus de surcroît? «D’abord, j’aime les enfants, j’en ai trois qui sont d’âge adulte maintenant. Et j’apprécie aussi être en contact avec les parents. Ce n’est pas aussi difficile qu’on peut le croire de les rassurer et on apprend beaucoup des expériences des autres», répond simplement Mme Demars qui sait maintenant qu’elle aurait aimé pratiquer le métier d’infirmière. 

Elle en a d’ailleurs sûrement toutes les qualités humaines puisqu’elle place le respect et le sens de l’écoute en premières places dans son rôle d’accompagnante. «J’utilise aussi beaucoup l’humour pour détendre la situation. L’important, c’est de s’avoir s’adapter selon l’attitude et la culture des parents, de même que l’âge et la condition de l’enfant. Souvent, à la simple vue d’un Pikachu, les pleurs se transforment en sourire.» Aussi simple que ça de faire patienter un enfant sur le point de subir une chirurgie, parfois sévère? Sylvie Demars rappelle que les enfants vivent dans l’instant présent. «Pour les petits, c’est une porte magique qui s’ouvre sur la salle d’opération. Il sera mieux en en ressortant. Lorsqu’ils sont plus grands, ils ont souvent plusieurs inquiétudes et n’osent pas toujours poser certaines questions.» L’anesthésie, par exemple, est généralement un grand sujet d’inquiétude pour les parents comme pour les enfants, a remarqué Mme Demars.

En partageant ce genre d’observations avec les professionnels qu’elle côtoie, Sylvie Demars sent qu’elle contribue à apporter un éclairage différent et utile pour les petits et grands patients. Voilà un autre apport significatif du bénévolat. 

Vous voulez devenir bénévole?

Hôpital Sainte-Justine : (514) 345-4840
Hôpital Montréal pour enfants : (514) 934-4305 
Bénévoles Canada
Site officiel de l’Année internationale des bénévoles : www.aibq2001.org
Centre d’action bénévole de Montréal : (514)842-3351
Centre de référence du grand Montréal : (514) 527-1375

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