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De nouveau maman à… 43 ans!

Grossesse

Parents : Documentation : Grossesse : De nouveau maman à… 43 ans!

Sylvie Milliner

Il n’est plus rare de rencontrer des femmes désirant un enfant seulement à l’approche de la quarantaine… Et les explications sont nombreuses entre la carrière avant tout, les familles recomposées ou l’allongement de la durée de vie. Pour Sophie, 43 ans, la raison est relativement simple : «Ce n’est que vers la fin de la trentaine, et après 8 ans de relation avec celui qui deviendrait le père de mes enfants, que j’ai  pris conscience que j’étais prête à franchir une nouvelle étape de ma vie: devenir mère.».

Il est certain que les 8 premières années de la vie de couple de Sophie et son conjoint Éric n’étaient pas de tout repos et qu’elles ne favorisaient pas vraiment l’arrivée d’un enfant! Leur vie était le fruit d’une bohème répartie entre le milieu artistique et celui des études ici ou à l’étranger. Le genre de vie où les rencontres et le partage sont bien plus importants que le montant du compte en banque ou la taille de la maison, où le goût de l’aventure l’emporte sur le besoin de sécurité matérielle et où les nuits sont souvent plus actives que les jours! Ce n’est pas tant le fait de ne pas avoir de sous que d’être trop souvent séparés qui a inhibé le projet d’un enfant. «Ma priorité est d’offrir à mes enfants la sécurité affective avant de penser à l’aspect matériel de la vie.  Contrairement à la stabilité financière qui est très aléatoire, la sécurité affective est une force intérieure que rien ne pourra ébranler, c’est un acquis. Nous avons donc attendu d’avoir un style de vie plus stable pour nous lancer dans l’aventure parentale ». 

Pour offrir la sécurité affective à ses enfants, il est nécessaire de se sentir solide soi-même. De plus en plus de futures mamans font une thérapie afin de régler leur passé et d’essayer de ne pas reproduire sur leurs enfants les lacunes de leur propre éducation. «Je ne pense pas que j’aurais été une aussi bonne mère que maintenant si j’avais eu un bébé dans la vingtaine. Non pas que je pense qu’une jeune femme de 20 ans ne soit pas en mesure d’élever un enfant mais, de par mon enfance difficile et ma vie professionnelle précaire, je n’aurais pas été capable de l’élever avec autant de disponibilité et d’assurance qu’aujourd’hui. Je dispose maintenant de réelles ressources intérieures qui me permettent d’assumer pleinement mon rôle de mère et d’en tirer beaucoup de plaisir. Nos enfants sont notre priorité

Il est vrai que l’approche de la quarantaine apporte souvent une sérénité qui peut s’avérer très utile pour éduquer un enfant. Toutefois, avoir un enfant autour de la quarantaine apporte également son lot d’inconvénients reliés à la santé de la mère et de l’enfant à naître, à la différence d’âge entre les enfants et les parents et aux préjugés de la société face aux grossesses tardives. «Même lorsque j’attendais mon aîné, ma mère m’a tout de suite dit que j’étais bien trop vieille! Il faut dire que de son temps, on n’attendait pas son premier enfant à 38 ans!  Quant au deuxième, j’ai accouché à 43 ans et j’avais été sensibilisée aux différents risques encourus. Mais tout s’est bien passé malgré la réapparition pathologique d’une maladie cardiaque que j’avais eue à 9 ans. Entourée de mon gynécologue et de mon cardiologue, j’ai pu être rassurée grâce au suivi médical sérieux et serré d’une grossesse à risques, comprenant trois échographies et une amniocentèse. Je n’ai pas eu l’impression d’avoir une grossesse épuisante en raison de mon âge, c’était plutôt lié au fait que j’avais déjà un enfant à m’occuper. Mon accouchement a eu lieu à la date prévue, sans péridurale ni césarienne. Tout est arrivé tellement vite que je n’ai pas réalisé ce qui s’est passé! Le temps que les secours arrivent à la maison et notre petit Thomas était déjà né! Nous sommes comblés. Bien sûr, mes parents sont aujourd’hui trop âgés pour s’occuper de nos enfants mais nous avons un bon réseau d’amis et de soutien. Je suis consciente que nous aurons 60 ans lorsque nos enfants seront adolescents et que nous ne connaîtrons vraisemblablement pas nos petits-enfants… À chacun son chemin, il n’en existe pas de parfait.»

L’allongement de la durée de vie a forcément une incidence sur les différents cycles que traversent chaque être humain. Aujourd’hui, l’enfant quitte le nid familial beaucoup plus tard qu’autrefois et la durée des études a considérablement augmenté elle aussi. Les jeunes gens se mettent en couple vers la trentaine et des familles se recomposent après des séparations. Depuis une dizaine d’années, on parle même d’un quatrième âge et de la possibilité de repousser le départ en retraite… Force est de constater que, d’un point de vue social, la grossesse à 40 ans n’aura plus rien d’une exception d’ici quelques années; reste à savoir si le corps humain sera capable lui aussi de repousser ses propres limites.

L’avis d’un médecin

Même si de plus en plus de femmes ont effectivement leur premier enfant après 38 ans, il n’en demeure pas moins qu’après 37 ans, le vieillissement des tissus et des ovaires entraîne une diminution de la fécondité. Selon la terminologie médicale, une grossesse est considérée comme tardive à compter de 38 ans. À compter de cet âge, l’infertilité touche 50 % des couples. Ceci s’explique entre autres par une baisse de la fréquence des ovulations et l’augmentation de lésions bénignes telles que l’endométriose.

De plus, le délai pour devenir enceinte à 40 ans est beaucoup plus long: environ 13 mois comparativement à 5 mois environ pour les 20-25 ans. L’implantation de l’embryon devient également plus difficile à 40 ans et le taux de fausses couches dépasse les 75 %. La grossesse, quel que soit l’âge, est un bouleversement physiologique important et l’épreuve de l’accouchement peut s’avérer particulièrement difficile pour une femme de 40 ans. Ces grossesses pathologiques ou à haut risque entraînent un taux 3 fois plus élevé de césarienne.

Pour ce qui est de l’enfant à naître, le risque de malformation à la naissance est également plus élevé. Le taux de bébés prématurés double et le poids moyen des enfants est plus petit que ceux dont la mère a moins de 40 ans. Un bébé sur 64 risque d’être atteint de la trisomie 21 chez les femmes ayant une grossesse après 42 ans.

Ainsi, l’évolution sociale a sans doute pris de l’avance par rapport aux capacités physiques de reproduction chez la femme après 40 ans. Les traitements de fertilité peuvent bien sûr aider à concevoir un enfant à cet âge mais les risques de fausses couches restent les mêmes. D’un point de vue scientifique, des recherches concluantes ont été effectuées afin de permettre à des jeunes femmes de faire congeler leurs ovules dans la vingtaine et de s’en servir 20 ans plus tard, pour faire un enfant au moment voulu. C’est donc du domaine du possible… Toutefois, ce procédé est loin d’être intégré au quotidien et les débats éthiques demeurent très animés à ce sujet.

Propos recueillis auprès du docteur Marc Villeneuve, gynécologue obstétricien, Québec. Merci également à Sophie pour son témoignage.

Sylvie Milliner est conseillère principale aux communications et relations publiques chez Procrea Cliniques.


Article – Dernière mise à jour le 4/4/2005

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