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Comment devient-on père?

Vie de famille

Parents : Documentation : Vie de famille : Comment devient-on père?

Vous l’avez vécu : ce sont les événements, les expériences de la vie qui font que,  progressivement, l’on devient un homme. Mais père, c’est une autre histoire : comment le devient-on? Suffirait-il de la présence, dans ses bras, d’un charmant petit être gesticulant et bruyant pour que le miracle s’accomplisse? Pas nécessairement…Il n’y a pas de recettes ni de façons de faire uniques. Comme la plupart des hommes, vous gardez sans doute le souvenir du moment précis où le déclic s’est fait. Où vous vous êtes senti père, pour vrai.

«Je me suis senti père quand j’ai senti le bébé bouger.»

Lorsque le bébé s’est manifesté pour la première fois durant la grossesse? À l’accouchement? Lors du baptême, au moment de remplir les formalités civiles? À cet instant précis, vous l’avez ressenti profondément. Votre vie venait de changer…pour la vie.

La grossesse et l’accouchement peuvent constituer des temps forts, des moments privilégiés pour l’éveil de la paternité. Ces moments ne représentent plus, de nos jours, des événements mystérieux, des chasses gardés, où l’on garde l’homme/père à l’écart. Non, les choses ont bien changé.

Heureusement! Et les femmes sont les premières à applaudir. Pour elles, c’est extrêmement précieux de pouvoir partager ces moments clés de la vie familiale. Les responsables des cours prénatals, les intervenants et intervenantes des CLSC et des hôpitaux encouragent maintenant fortement la participation active des pères.

Et ces derniers, parce qu’ils ont davantage accès à la maternité et à l’expérience unique de la naissance, comprennent mieux et désirent y prendre une part de plus en plus active.

Cela dit, il faut toutefois convenir que les choses ne se déroulent pas toujours de la même façon pour tous les hommes durant la grossesse de leur conjointe. Deux scénarios sont possibles. Certains s’éloignent psychologiquement et même physiquement de leur partenaire. Ils travaillent plus, sortent plus, se dispersent davantage…Parce qu’ils trouvent difficile, peut-être, de se retrouver en concurrence avec ce petit être qui, déjà, prend beaucoup de place. La plupart, par contre, se rapprochent de leur conjointe. Ils participent activement à ce nouveau projet amoureux qui prend forme. Pour eux, il ne s’agit pas d’une menace à leur amour de couple mais, au contraire, d’une valeur ajoutée qui présage d’un nouvel élan amoureux.

Ceux-là, on s’en doute bien, vont retirer de cette période unique beaucoup de satisfaction, de plaisir et d’estime d’eux-mêmes et des leurs. Avec raison, ils se sentent concernés au premier chef.

Ils sont et veulent être partie prenante de ces événements majeurs qui coloreront le reste de leur vie.

«Je me suis senti père assez tard, bien après la naissance. Ma vie avait changé. Et c’était irréversible.»

Ainsi, la grossesse représente, pour vous, une occasion idéale pour apprivoiser votre nouveau rôle de père. De commencer à y investir. Le message est clair : si vous vous en donnez la peine, la grossesse peut être l’une des périodes de communication les plus intenses, les plus gratifiantes de toute votre vie!

Oui, mais l’accouchement, lui, n’est-il pas un moment plus difficile? Plus difficile peut-être mais non moins merveilleux. Il est vrai, par contre, qu’il ne correspond pas toujours exactement à vos désirs… Ici encore, les hommes ne vivent pas tous l’expérience de la même manière. D’abord, comme plusieurs, vous vous sentirez peut-être très inconfortable et impuissant devant la souffrance de votre conjointe. Ou bien, comme d’autres, vous aurez le sentiment d’être un père indigne parce que vous n’éprouvez pas le fameux choc psychoaffectif tant attendu dès que le bébé paraît. Eh bien, sachez ceci : plusieurs hommes, comme plusieurs femmes d’ailleurs, vivent la même chose. La réalité ne correspond pas toujours à la démesure des rêves.

La paternité, tout comme la maternité, ça ne se règle pas en un claquement de doigts. Il faut s’y engager au meilleur de ses capacités. Continuer jour après jour de se faire confiance. D’ailleurs, pour les chocs psycho-affectifs, vous ne perdez rien pour attendre!

Soyons clair : devenir père, c’est une décision à la fois toute personnelle et conjointe que l’on doit prendre normalement en toute sérénité à un moment précis, mais une décision que l’on doit, par la suite, confirmer ou reprendre constamment. Tout comme pour d’autres expériences de la vie, d’ailleurs. La paternité n’a rien d’une notion abstraite, d’une réalité trop floue.

C’est par des gestes très concrets qu’elle se vit et s’exprime tous les jours : le bain de bébé, les soins, les veilles, les petits mots, l’horaire à organiser…Mais ce qu’il faut avant toute chose, c’est d’abord «adopter» son enfant. L’accepter comme sien. Le reconnaître. L’apprivoiser puis le laisser, lui aussi, vous apprivoiser. «On est responsable de ce qu’on apprivoise», disait le petit Prince. Il avait tout à fait raison!

«Tout est survenu quand j’ai pris François dans mes bras. Alors là, vraiment, j’étais, moi-même, absolument, complètement, le père de cet enfant-là!»

Bref, de votre paternité, si vous vous en donnez la chance, vous retirerez un véritable «supplément d’âme», une richesse additionnelle qui fera de vous un homme plus proche de ses émotions et…de ses enfants.


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